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CONFERENCE « de l' Argonne garibaldienne aux Morts de Bligny qui jouaient aux cartes ».

Data:

03/12/2018


CONFERENCE « de l' Argonne garibaldienne aux Morts de Bligny qui jouaient aux cartes ».

conf taif dante

Vendredi 30 novembre 2018 – 20, Grand Salon de l’Hôtel de Ville de Metz.

C’est devant un parterre de personnalités et un public nombreux que Madame Maria Sarnelli-Triacca, Présidente-Fondatrice de la Section messine de la Dante Alighieri, a introduit la Conférence de Monsieur Joseph Silesi, Vice-Président de la Dante Alighieri/Comité de Metz, Historien et Conférencier, intitulée « de l' Argonne garibaldienne aux Morts de Bligny qui jouaient aux cartes ».
Cette brillante conférence a permis de comprendre, en image d’archives (dont certaines inédites) et en musique le rôle joué par l’Italie dans sa neutralité et dans son entrée en guerre ensuite, par le Pacte Secret de Londres du 19 avril 1915 (traité secret signé par le gouvernement italien avec les représentants de la Triple-Entente par lequel l'Italie s'obligeait à entrer en guerre contre les Empires centraux lors de la Première Guerre mondiale en échange de substantielles compensations territoriales).
Cette conférence, qui a remporté un franc succès, était en outre agrémenté de la remarquable et émouvante interprétation de la chanteuse lyrique et baroque, Laureen Stoulig accompagnée au Piano par Geneviève Lacombe.

conf taif 2018

 

 

L’HISTOIRE …

En 1914 le royaume d’Italie est liée à l’Allemagne et à l’Autriche-Hongrie au sein de la Triple Alliance, et ce depuis 1882. Mais cette alliance est purement défensive et Rome refuse de s’en servir de prétexte pour attaquer des pays qui ne menacent pas ses frontières. Le 3 août 1914, l’état italien se met donc en retrait du conflit en déclarant sa neutralité.
A cette époque, les trois guerres d’indépendance que le peuple italien a menées dans la seconde moitié du XIXe siècle contre l’Autriche-Hongrie (1848, 1859 et 1866) sont encore très présentes dans les esprits, portées par le souvenir des « chemises rouges » de Garibaldi. A la veille de la guerre, cet « allié » autrichien détient en outre encore les terre irredente de Venezia-Giulia (Trieste et Gorizia) et du Trentino (Trento), qui n’ont pas pu être incluses dans l’état italien à l’issue de la 3e guerre d’indépendance. Ni le gouvernement ni le peuple italien n’ont donc jamais vraiment envisagé de combattre aux côtés de l’ennemi d’hier.
L’engagement des Italiens en France se déroulera en trois temps.
De novembre 1914 à mars 1915 : la légion garibaldienne
Dès septembre 1914, les interventionnistes italiens militent pour une entrée en guerre contre l’Autriche-Hongrie. Il s’agit au départ d’une poignée d’intellectuels, parmi lesquels figurent Gabriele d’Annunzio ou Benito Mussolini. Les dirigeants italiens restent officiellement sourds à leur appel, même si des pourparlers sont entamés avec la France et le Royaume-Uni dès l’issue de la première bataille de la Marne, en septembre 1914.
Malgré tout, les Italiens qui souhaitent en découdre avec les Autrichiens ou qui sont attachés à une France devenue leur pays d’adoption n’ont encore d’autre choix que de s’engager comme volontaires dans l’armée française, soit à titre individuel soit en intégrant la « légion garibaldienne ».
Ricciotti Garibaldi, 4e fils du héros du Risorgimento Giuseppe Garibaldi, a lui-même participé à la 3e guerre d’indépendance italienne, avant de combattre contre la Prusse dans les Vosges en 1870. Dès le 6 août 1914 il offre ses services au gouvernement français, se proposant d’organiser des corps francs intégrant des étrangers pour aller combattre dans l’est de la France. Sa suggestion se concrétise fin 1914, avec la création du 4e régiment de marche du 1er régiment de la légion étrangère, formé de 2.206 hommes. Parmi les 56 officiers 36 sont italiens, et la quasi totalité des engagés sont des italiens qui vivaient en France avant le conflit.
Resté dans les mémoires sous le nom de « Légion garibaldienne », ce régiment est commandé par Giuseppe (Peppino) Garibaldi, petit-fils de Giuseppe, et compte dans ses rangs quatre autres petits-fils de Garibaldi. C’est dans la légion garibaldienne qu’a combattu Lazare (Lazzaro) Ponticelli, le dernier des poilus français, avant de rejoindre les rangs de l’armée italienne.
La légion garibaldienne est envoyée sur le front d’Argonne en décembre 1914. Elle participe aux combats du four de Paris, du bois de Bolante, de Courtes-Chausses, du ravin des Meurissons et de la Haute Chevauchée. En trois semaines de conflit, le régiment compte 300 morts et disparus, 400 blessés et 500 malades. Elle est retirée du front en janvier 1915 et envoyée au repos. En mars 1915, face à l’imminence de l’entrée en guerre de l’Italie, cette unité est dissoute. La plupart de ses engagés vont alors intégrer l’armée italienne ou d’autres régiments de la légion étrangère, au sein de l’armée française.
Parmi les victimes figurent deux des petits-fils de Garibaldi, Bruno et Costante. Les morts de la légion garibaldienne sont d’abord inhumés à Lachalade dans la Meuse. Après la guerre, leurs dépouilles sont transférées dans la nécropole italienne de Bligny, dans la Marne. A Lachalade est alors érigé un monument à la mémoire de Bruno, Costante et des 500 « garibaldiens » morts en Argonne. Les journaux de marches et opérations du 4e régiment de marche du 1er régiment de la légion étrangère détaillent les noms des morts, disparus et blessés.


Les T.A.I.F. (TROUPES AUXILLIAIRES ITALIENNES EN FRANCE)
Dès le 23 juin 1915, les troupes italiennes sont totalement engagées sur le front de l’Isonzo. Mais après la débâcle de Caporetto, du 24 octobre au 9 novembre 1917, plus de 300.000 soldats, soit près d’un tiers de l’armée italienne, se trouvent dispersés. L’Italie reçoit des aides de la part de ses alliés et ne peut refuser en retour de les assister. Elle envoie en France des troupes destinées à remplacer la main-d’œuvre française mobilisée sur le front. Les T.A.I.F., ou Troupes Auxiliaires Italiennes en France, sont chargées d’assurer des travaux de logistique à proximité du front. Ils aménagent les tranchées, posent les barbelés, construisent des fortifications, des terrains d’aviation ou installent des voies de chemin de fer. Ces hommes en uniforme sont commandés par des officiers italiens. La France est chargée de leur logement, leur entretien et leur solde.
Considérant que les troupes vaincues à Caporetto ne sont pas fiables, l’état major italien envoie au départ en France des jeunes gens tout à fait aptes au combat, pour les écarter de ses propres rangs. Mais c’est mal vécu par l’opinion publique française, qui considère que ces soldats se « planquent » en France pendant que les Français sont au front, et cela prive l’armée italienne de forces vives. Par la suite, la sélection est plus rigoureuse et les soldats aptes au combat réintègrent les troupes italiennes qui combattent en Italie ou en France.
Au printemps 1918, les T.A.I.F. comptent environ 50.000 hommes. En outre, 10.000 à 20.000 soldats italiens sont présents sur le sol français, par exemple au sein d’unités militaires du génie ou de l’aviation.


LE DEUXIEME CORPS D’ARMEE ITALIEN
A la fin de l’année 1917, l’Italie engage une bataille décisive sur le front du Piave. Les troupes italiennes bénéficient alors de l’aide de six divisions françaises et de cinq division britanniques (lire Les Français sur le front du Piave). En contrepartie, l’envoi de troupe italiennes en France est acté courant avril 1918. Le 2e corps d’armée italien, commandé par le général Alberico Albricci, est choisi pour rejoindre le front français. Il est constitué de deux division d’infanterie comportant chacune un régiment d’artillerie, et des troupes de corps d’armée. Parmi les régiments engagés figure la brigade Alpi, commandée par Peppino Garibaldi, celui-là même qui dirigeait la légion garibaldienne en 1914.
Le 2e corps d’armée est d’abord stationné en Argonne, là où la légion garibaldienne s’est battue en 1914. Il est ensuite envoyé dans la Marne. A partir du 14 juillet 1918, il se trouve engagé dans d’âpres combats à Bligny. En douze jours, il perd près de 10.000 hommes, morts, blessés ou faits prisonniers, mais il empêche l’ennemi de s’emparer d’Épernay et de contourner Reims. Des renforts venus d’Italie ou issus des T.A.I.F. lui permettent de reconstituer ses effectifs. Il participe alors à la dernière offensive alliée, dans le secteur du Chemin des Dames.


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